La constitution du Ngouong Fussep

Par Fôh Njitack Motsem, Namtemah Ngouong Fussep

PALAIS ROYAL BAFOUSSAM

Chapitre I : Préambule

Le Peuple descendu du haut Nil depuis l’Egypte, le Soudan l’Ethiopie, le Tchad, le Nord-Cameroun, est installé depuis plus de 8 siècles à son emplacement actuel, après plusieurs siècles de migrations dans le Pays Bamoun, l’actuel Adamaoua et sa traversée miraculée de la rive droite du Noun. De leur nom de baptême « Peh Nde Nguieh Ngue Tsam Yienneh », la peuplade de 70 personnes de départ est devenue de nos jours, un peuple de dynasties où 97 Souverains se sont succédés à son Trône sacré avec une tradition dynamique, une histoire, une culture, un territoire, une langue, une géographie et un peuple uni par un même destin d’avenir en plein cœur de la capitale, conscient de son emplacement et de la minorité qu’il constitue ; 

Conscient que la constitution de la République du Cameroun protège le Peuple Bafoussam et reconnaît son autorité traditionnelle ;

Voici le bréviaire qui devrait accompagner tout Bafoussam dans sa vie quotidienne.

Organisation sociale

Section I – Territoire

Le pouvoir central

Le pouvoir périphérique

Le pouvoir judiciaire (Co pouvoir) ;

Le Senat ou les sages (Neuf, les Dze’e) conseil des 07 et 09.

Les pouvoirs

Section A : Le pouvoir central (souverain- discrétionnaire – suprême).

Chapitre  II : Reines – royales

Les Reines royales comprennent en leur sein des « Sa’akam, des Dze’e, Mapreh », simples Reines et disposent d’un code de conduite qui reconnaît les droits et obligations à être respectés à la lettre dans le sens de conserver jalousement nos Us et Coutumes. En outre, elles assurent la procréation, la vie harmonieuse du Roi et des Pofo, jouent le rôle de représentation dans les occasions officielles ou informelles, tant heureuses que malheureuses. De plus, l’hygiène et la salubrité les intéressent dans la propreté au Palais Royal ainsi que son Environnement. Ce sont elles qui assument la pérennité du trône à partir des Pofo. Le passage par le La’akam ; est l’un des attributs les plus marquants car, dès la disparition du précédent Roi, en 09 semaines de deuil, elles effectuent le rite de veuvage à La’akam, chez Defo Medje.

Deux veuves sont soustraites des autres pour assumer des tâches rituelles avec le choix d’une jeune princesse « Tchitchoue » pour les tâches ménagères sous le regard attentif du Roi. Pendant ce temps, sur la place de Siem se déroule les funérailles communautaires du Ngoung par Nefela (provinces ou grands Secteurs du Ngouong); clans d’âges, amis et connaissances selon l’organisation et les rituels traditionnels.

Les législateurs traditionnels ou Dze’e; Botcho’o et Neuf jouent leur rôle d’initiation du jeune Me’ekam aux rites du commandement traditionnel et sa sécurité. Lesquels rites s’achèvent par la sortie traditionnelle du Kam ; par la prise du Mo’o à Tamba et la visite de tous les hauts lieux sacrés du Ngouong Fussep (Tchouket, Tanenga, Katchuet, Nji Medje, Wembe-The, La’akam Metame) après la lance de la flèche de Tekam sur sa case et du rite pendant neuf jours de Kam Metame. 

La sortie s’accompagne des attributs traditionnels tels que les colas, Djidjem, Kuifo, maïs, arachide, tchikté (que lui représentent les femmes de Wembe- The et Nji Medje), Fehkuong, bilard et la tenue Tsouoh, Dzing, chaise, queue de cheval. 

A toutes les étapes, ils implorent la bénédiction divine sur lui et son Ngouong durant tout son règne avec l’appui des Mepe, Tamba, Defo, Kamnevou ; ceci en présence des notables et du Ngouong, suivie de l’ouverture des deuils au sein du Ngouong après naissance des Pofo (fille et garçon) et passage dans les Dzehe’e Mba Mouafo, Famcep et siem seinchou. 

Ils respectent les rites de Dop (Ndop, Jujube, Cola, Kuifo, Fehkuong, Queue de cheval, Raphia). 

Les nwala

Ce sont les ministres du Ngouong : gardiens de nos Us et Coutumes ; du Nefam et bras séculiers du Roi dans le commandement traditionnel et dans les actes de la vie quotidienne.

Nwala Nka

Nwala Sissi

Chapitre IV: Tecda Dze’e, Nguieng, Tchuet, Powek, Tchofo

Section B : Le pouvoir militaire (silah, me’ejouong, fefeh ou botcho’o, neing …)

Chargé de défendre le Ngouong en temps de guerre et de trouble par la mobilisation et la sensibilisation du peuple ;

Le pouvoir législatif (dze’e, neuf)

Pouvoir périphérique (traditionnel, associations socio professionnelles, vie de la notabilité, comité de développement, communautés extérieures).

Le territoire de Bafoussam comporte près de 93 km2 répartis sur environ 40 quartiers. 

N.B : aucune modification du territoire des quartiers ne peut avoir lieu sans l’accord du Roi. 

Le territoire Bafoussam est limité par Baleng, Bamougoum Bandjoun, le Pays Bamoum. 

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Le Territoire Bafoussam est pourvu de beaucoup de potentialités touristiques (grottes, lacs, hauts lieux sacrés, montagnes, …). Une partie de son terroir s’est retrouvée par des manœuvres administratives (1928) du côté des voisins sans être l’exploit de guerre.

Son organisation sociale comporte des quartiers et des sous quartiers à la tête desquels on a des notables et des responsables des diverses classes de notables, des élus en leur sein, dont chacun est placé à son poste suivant les traditions locales, sous la supervision du Roi et en présence des autorités. 

L’autorité du pouvoir périphérique comprend : les Chefs de quartiers, Sous chefs, Wembe, Meppe, Dje, Njimafo, Tahafo, Sadie, Mafo, Suinfo, Saha, Tamba, Defo Suinmafo, les Neuf et les Dze’e et la population.

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Section E : Sénat ou Sages ou Conseil Constitutionnel

Représenté par les » 09» « 07 » 05 »03 »01 » ;

Ceux-ci ont pour rôle de s’assurer que tout marche bien sur le plan des rites, Us et Coutumes, et que constitutionnellement, tout est en parfaite harmonie ;

Ce sont les conservateurs des Us et Coutumes dans leur aspect fondamental ;

Section F : Le pouvoir judiciaire

Ce pouvoir s’exerce depuis la famille, le quartier et le Palais Royal Bafoussam en dernière instance avant tout recours devant les tribunaux de droit commun.

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Titres III : Dispositions transitoires – diverses et finales

La devise du peuple Fussep est : dignité – honneur dynamisme- patriotisme ou Peh Fussep, Pah Loussi

Le siège des institutions traditionnelles est à Hiela (Palais de résidence des Rois Fussep) ;

Son hymne de ralliement est : Poua Fussep Pah Nghe Kuichoue;

Son symbole de règne est choisi et soumis pour adoption au peuple par le Roi régnant. 

Les divers codes complètent la présente constitution à savoir : discipline et sanctions, organisation des associations et comité de développement, gestion des quartiers, organisations des familles extérieures, organisation Us et Coutumes en matière des notables, rites du La’akam par classes des notables, gestion du musée et du tourisme, application des rites religieux, code de conduite divers, les actes et moyens de souveraineté, code de renseignement, code Silah, gestion du Nefam et du panthéon, code d’organisation des évènements heureux et malheureux, des tribunaux de quartiers et Royal, organisation des Koum, Dze’e, Me’edjouong, échelle de valeur pour ses forces vives, les Rois et ses dynasties, son organigramme, organisation du rite Preh, code deuils et successions organisation du Koum, statut ADEBSAM, élites, Tchouteh AKA’A, clans d’amis d’âge…

 Le présent KEH-NGOUONG niveaux du peuple Bafoussam et sera respecté scrupuleusement par tous.

Pour le Peuple Fussep

S.M NJITACK-N.